dimanche 23 janvier 2011

Assez , c’est assez !

Réponse de Jean Loup FRICKER, Sec. fed. Departementale Calandreta, Président de l'Ostau bearnes, Maison de la cultura bearnesa, face à l'accumulation d'ignominies trouvées dans la presse locale à propos des calandretas et du mouvement occitan de façon plus générale. La fameuse goutte d'eau qui fait déborder "lou pichè" comme pourraient dire les détracteurs du mouvement associatif occitan béarnais pour s'en démarquer et prouver leur authentique authenticité, la presse se faisant l'écho de propos particulièrement calomnieux... pas bien... pas bien... vraiment pas bien.

Merci Mr Jean-Loup, une belle façon de faire le point.


Assez , c’est assez !

En réponse à votre article anonyme du 23 oct - p.3, « Calandreta, former les enseignants en Béarn », il est du devoir du responsable associatif que je suis, même s’il est souvent enclin à l’indulgence, de dire : ASSEZ !

C’est assez de mensonges, de contre-vérités distillées à longueur d’année dans la presse par un « Institut » [en clair, l'Institut Béarnais Gascon] dont la seule raison d’être semble son entreprise de démolition permanente des politiques linguistiques, qu’elles soient publiques ou associatives.

Inspirée par quelques « vrais béarnais », cette association autoproclamée « Institut » brandit en permanence l’épouvantail d’un étranger fantasmatique, tirant les ficelles de notre culture, de nos écoles, de notre écriture, de notre langue elle même...

Dernière insinuation en date, les professeurs des écoles Calandreta seraient formés par un « étranger » languedocien, avide d’étouffer notre façon gasconne !...

Perdiu ! A Béziers siège l’ISLRF (Inst. Sup. des langues de la Rep. Française), qui coordonne pour l’Etat la formation spécifique de tous les enseignants (basques, bretons, occitans...) appelés à travailler en immersion. Formation essentiellement pédagogique, elle est partagée sur place par les occitans avec les alsaciens et catalans, qui ne trouvent rien à y redire. Le niveau linguistique (excellent en béarnais) de nos professeurs aquitains est vérifié préalablement à leur intégration, les stages d’approfondissement se déroulent dans leur région et leur parler d’origine.

On y vient donc de toutes parts dans le respect absolu de la diversité, non pour apprendre une langue, mais pour apprendre un métier.

Il n’existe aucune forme privilégiée de l’occitan, ni même d’occitan de synthèse comme on veut le faire croire. Nous nous battons en Béarn pour la transmission de notre parler béarnais, jusque dans ses spécificités cantonales, dans l’urgence, et les persifleurs seraient bien avisés de pousser un jour la porte d’une Calandreta ou d’une classe bilingue publique, pour le vérifier.

La seule chose qui soit unifiée, c’est la façon d’écrire l’occitan du Béarn ou d’ailleurs, dans le but de faciliter les échanges, et ceci est essentiel. Malgré leurs particularités, nos amis souletins ont-ils choisi d’écrire le basque à leur façon ? Un picard, un parisien, un québécois, s’ils le parlent différemment, n’écrivent-ils pas le français comme vous et moi ? La langue occitane est UNE, dans une diversité de formes bien naturelle car non centralisée. Elle mérite comme les autres UNE orthographe.

NON, nos associations occitanes du Béarn, de l’Adour ne sont ni « inadaptées », ni « illégitimes », ni « inéquitables », ni surtout étrangères. Elles œuvrent sur le terrain depuis des dizaines d’années pour convaincre de transmettre notre capital linguistique et culturel, garant d’un avenir choisi, dynamique et solidaire.

Elles s’honorent d’avoir acquis par leurs prestations la confiance des collectivités territoriales et de l’Etat.

Si elles se disent occitanistes, c’est qu’elles savent avoir leur langue en partage, bien au-delà du Béarn et de l’Aquitaine ; qu’elles refusent la nostalgie des féodalités, et qu’elles savent qu’aucune politique publique (médias, école, culture) en faveur de notre langue ne sera possible en dehors de solidarités régionales et nationales.

Béarn occitan, occitaniste, « vrai béarnais », béarniste ? Le Béarn civil agit, propose, suggère. La demande est là, massive, le Béarn politique devra choisir. OUI au débat d’idées, qui éclaire les choix de nos décideurs, dans la confiance et l’ouverture. NON à la diffamation et au repli sur la « race des sommets ».

Jean Loup FRICKER

Sec. fed. Departementale Calandreta

Pdt Ostau bearnes, Maison de la cultura bearnesa