jeudi 14 avril 2011

"Pour vous informer plus avant sur la querelle du nom de la langue"

Un texte clair, qui avait pour but initial d'informer les candidats aux cantonales 2011, mais qui pourrait profiter à tous ceux qui ne voient que la partie visible de l'iceberg qu'est devenu la politique linguistique en faveur du Béarnais.

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Pour vous informer plus avant sur la querelle du nom de la langue :

Sachez que certains estiment que le béarnais est une langue à part et lui refusent son appartenance à l'occitan :
d'où ce monstre d'appellation béarnais/gascon/occitan pour parler de la langue au conseil général des Pyrénées-Atlantiques (et uniquement) !!!
Parce que les politiques veulent bien être les "otages" de ces personnes : visiter ici leur idéologie http://www.languegasconne.com/, est particulièrement édifiant leur blog http://languegasconne.blogspot.com/ (bon voyage au pays des "vrais" et "purs" béarnais que ces étrangers d'occitans viennent spolier pour ne pas dire plus... un délire).

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Maintenant parlons politique linguistique :
A t-on jamais vu que le français parlé à Parthenay s'appellerait parlanghe/poitevin/français au sein d'une institution officielle ? c'est du français même si on peut le localiser.
A t-on jamais vu que le basque de Mauléon serait dit mauléonnais/souletin/basque ? : c'est du basque même si on peut préciser sa provenance.

L'occitan est une langue dialectalisée comme toutes les langues à l'état naturel dans le monde : anglais, espagnol... et français compris même si on a malheureusement tendance à trop l'oublier.

Ceux qui appellent la langue "occitan", ont la conscience que cette langue ouvre sur le monde et non ferme au monde.
Ils l'envisagent comme une succession de ponts, de liens de l'Atlantique à la Méditerranée, de l'Auvergne aux Pyrénées et aux Alpes, du Val d'Aran aux Vallées occitanophones du piémont italien :
toute une parentèle extraordinaire !
Et il y a inter-compréhension même si on vous dit le contraire. Inter-compréhension à condition de bien posséder sa propre variété d'occitan et de s'en servir assez régulièrement.
Quelqu'un qui n'aura pas pratiqué depuis plusieurs années,qui n'aura pas expérimenté au moins quelques fois cette inter-compréhension, passera à côté car les interconnections psycholinguistiques seront "mortes" inutilisées chez elle.
Et bien sûr l'occitan est un pont vers les autres langues romanes : français, espagnol, catalan, portugais, italien, romanche, frioulan, ladin, roumain, galicien, aragonais, sarde, franco-provençal, corse...

Bien entendu la langue enseignée en Béarn dans les Calandretas ou dans les filières bilingues de l'éducation nationale est la modalité locale de l'occitan, tout comme ce qu'on entend dans les émissions des radios associatives Voix du Béarn, Radio Oloron... et surtout Ràdio País ou, dans le service public, France Bleu.

Donc quelqu'un qui dira parler occitan, pourra dire indifféremment qu'il parle béarnais ou gascon, cela ne lui posera aucun problème.
A contrario un fervent "béarniste" refusera de dire qu'il parle occitan (et pour certains aussi gascon).

Pour les "occitanistes" (militant depuis plus de cinquante ans en Béarn) il est primordial que l'unicité de la langue soit mise en avant :
- pour des raisons d'efficacité car en effet se traîner l'appellation béarnais/gascon/occitan n'augure en rien d'une politique linguistique dynamique, ni d'ailleurs d'une réelle volonté de mettre en œuvre une quelconque politique que ce soit.
- pour des raisons pédagogiques : même dialectalisée c'est la même langue et il faut concevoir sa défense et promotion dans un esprit de coopération avec les autres régions occitanes.

Et pour beaucoup d'autres raisons que nous vous exposerons plus avant si vous le souhaitez, pour que vous puissiez vous faire votre opinion.

Voilà

Bien à vous

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per la Crida
D. Lekuona